Abattement assurance vie : comment en bénéficier en 2026 ?
L’assurance vie est une enveloppe fiscale particulièrement avantageuse grâce à ses abattements forfaitaires : jusqu’à 4 600 € par an pour un célibataire (9 200 € pour un couple) en cas de retrait, et jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire lors de la transmission du capital. Sans oublier que le conjoint bénéficie d’une exonération totale. Les experts de Comparabanques vous décryptent tout ce qu’il faut savoir sur les abattements de l’assurance vie pour optimiser votre fiscalité et votre succession.
- 📌 À retenir
- Abattement en cas de retrait : 4 600 € par an pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, valable uniquement pour les contrats de plus de 8 ans.
- Abattement en cas de succession : jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Après 70 ans, l’abattement est de 30 500 €, pour tous les bénéficiaires confondus.
- Exonération totale pour le conjoint lors de la transmission.
- Attendez 8 ans avant tout retrait pour bénéficier pleinement de l’abattement annuel.
🔎 Abattement assurance vie : combien pouvez-vous récupérer sans être imposé ?
➡️ Pour rappel : un abattement fiscal est une réduction de l’assiette imposable permettant de payer moins d’impôt. Dans le cas de l’assurance vie, seuls les gains sont imposés lors d’un retrait, donc l’abattement s’applique exclusivement sur les plus-values réalisées.
L’assurance vie bénéficie d’une fiscalité très avantageuse, notamment grâce à ses différents abattements fiscaux. La déduction fiscale de l’assurance vie s’applique lors de deux occasions :
- En cas de retrait ou de rachat : pour un contrat de plus de 8 ans, l’abattement est de 4 600 € par an pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. 👉 Seuls les gains (intérêts, dividendes et plus-values) sont imposables ; le capital versé n’est pas taxé.
- En cas de succession :
- Pour tous les versements effectués avant les 70 ans : chaque bénéficiaire bénéficie d’un abattement fiscal de 152 500 €.
- Pour les versements réalisés après 70 ans : l’abattement est de 30 500 € au total, tous bénéficiaires confondus.
🔦 Conjoint et succession : le cas de l’exonération
Pour le conjoint survivant, aucun abattement fiscal n’est nécessaire. En effet, dans le cadre de la loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat), le conjoint survivant marié ou pacsé bénéficie d’une exonération totale sur la fiscalité de l’assurance vie en cas de décès de l’assuré.
🌳 Abattement assurance vie et succession : que prévoir avant et après 70 ans ?
L’assurance vie permet de transmettre un patrimoine avec une fiscalité avantageuse pour les héritiers (hors prélèvements sociaux). Mais selon la date des versements, l’âge de l’assuré et le montant du capital, une taxation peut s’appliquer. Heureusement, des abattements fiscaux permettent de réduire l’imposition des bénéficiaires.
Sommes versées avant 70 ans : bénéficier de l’abattement de 152 000 €
Pour les contrats d'assurance-vie les plus récents, la règle est simple : chaque bénéficiaire bénéficie d’un abattement de 152 500 € lors de la succession de l’assurance vie (tous contrats confondus). Cet abattement est particulièrement avantageux, puisque qu'il s’applique aux primes versées avant les 70 ans de l’assuré.
| Date de soucription du contrat | Primes versées avant le 13/10/1998 | Primes versées après le 13/10/1998 |
|---|---|---|
| Avant le 12/10/1998 | Exonération Totale | Abattement de 152 500€ |
| ➕ 20 % d’impôt au-delà de 152 500 €, puis 31,25 % au-delà de 700 000 € | ||
| Après le 12/10/1998 | Abattement de 152 500€ | |
| ➕ 20 % d’impôt au-delà de 152 500 €, puis 31,25 % au-delà de 852 000 € | ||
📌 Exemple : comment s’applique l’abattement de 152 500 € ?
Charlotte est bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie souscrit par son père après le 12/10/1998.
Les primes ont été versées avant les 70 ans de l’assuré et le capital transmis à Charlotte s’élève à 200 000 €.
Étape – Application de l’abattement
- Charlotte bénéficie d’un abattement de 152 500 €.
- 👉 Montant taxable : 200 000 € – 152 500 € = 47 500 €
Étape – Calcul de l’imposition
- La fraction taxable est soumise à un prélèvement de 20 % :
- 👉 47 500 € × 20 % = 9 500 € d’impôt
Conclusion ? Charlotte reçoit 190 500 € nets, après application de l’abattement et de la fiscalité.
Sommes versées après 70 ans : comprendre l’abattement de 30 500 €
Sur les contrats les plus récents et pour les sommes versées après 70 ans, la fiscalité est moins avantageuse : un abattement global de 30 500 € s’applique, tous bénéficiaires et tous contrats confondus.
| Date de soucription du contrat | Primes versées avant le 13/10/1998 | Primes versées après le 13/10/1998 |
|---|---|---|
| Avant le 20/11/1991 | Exonération Totale | Abattement de 152 500€ |
| ➕ 20 % d’impôt au-delà de 152 500 €, puis 31,25 % au-delà de 700 000 € | ||
| Après le 20/11/1998 | Abattement de 30 500€ | |
| ➕ Primes sont soumises aux droits de succession au barème progressif | ||
👉 Droits de succession au barème progressif
La fiscalité attachée à ces droits de succession diffère en fonction du type de bénéficiaire (sœur, nièce ou neveu, tante ou oncle, personne sans lien de parenté).
| Statut du bénéficiaire | Abattement | Imposition |
|---|---|---|
| Enfant et Ascendant (grands-parents, parent) | 100 000€ |
|
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Petit-enfant |
1 594 € | |
|
Parent handicapé |
159 325 € | |
|
Neveux ou Nièce |
7 967 € |
|
|
Frère et soeur |
15 392€ |
|
|
Parent 4eme degré ou entourage |
1 594€ |
|
☑️ À noter : l’abattement sur les droits de succession et l’abattement sur l’assurance vie peuvent se cumuler.
📌 Exemple abattement assurance vie après 70 ans
William a hérité d’un contrat d’assurance vie souscrit par sa mère après ses 70 ans.
Le capital versé dépasse l’abattement applicable et s’élève à 50 000 €, pour des primes versées après le 20/11/1998.
Étape – Application de l’abattement
- William bénéficie d’un abattement de 30 500 € sur le capital transmis.
- 👉 Montant taxable : 50 000 € – 30 500 € = 19 500 €
Étape – Calcul de l’imposition
- Cette fraction est soumise aux droits de succession au barème progressif. Avec le barème enfant 2026 :
- 8 072 € × 5 % = 403,60 €
- 4 037 € × 10 % = 403,70 € (pour la tranche suivante)
- 7 391 € × 15 % = 1 108,65 € (pour le reste jusqu’à 19 500 €
- 👉 ≈ 1 916 €
Conclusion ? William paiera environ 1 916 € sur les 19 500 € dépassant l’abattement
💸 Abattement rachat d’assurance vie : comprendre l’abattement de 4 600 €
En cas de rachat, les règles d’abattement fiscal de l’assurance vie sont simples : pendant les 8 premières années du contrat, aucun abattement n’est appliqué.
À partir de 8 ans, vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 €. Concrètement, cela signifie que chaque année, vous pouvez retirer jusqu’à 4 600 € de votre contrat sans payer d’impôt sur les gains. Pour un couple, l’abattement annuel est doublé, soit 9 200 € par an.
Abattement assurance vie en cas de retrait : combien pouvez-vous récupérer ?
| Âge du contrat | Primes versées avant le 27/09/2017 | Primes versées après le 27 septembre 2017 |
|---|---|---|
| Moins de 4 ans | 52,2% 🟰 35% (PFL) + 17,2% (PS) ou barème progressif |
30% 🟰 12,8% (PFU) + 17,2% (PS) ou barème progressif |
| Entre 4 et 8 ans | 32,2% 🟰 15% (PFL) + 17,2% (PS) ou barème progressif |
|
| Après 8 ans | Abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple marié ou pacsé |
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| 24,7% 🟰 7,5% (PFL) + 17,2% (PS) ou barème progressif |
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📌 Assurance vie abattement 4600€ : exemple et cas pratique
Sophie possède un contrat d’assurance vie depuis plus de 8 ans.
Au cours de l’année, elle a réalisé 6 000 € de gains sur ses primes versées avant le 27/09/2017.
Étape – Application de l’abattement annuel
- Sophie est personne seule, elle bénéficie donc d’un abattement de 4 600 € sur ses gains.
- 👉 Montant taxable : 6 000 € – 4 600 € = 1 400 €
Étape – Calcul de l’imposition
- Pour les contrats avant le 27/09/2017, les gains sont imposés à 24,7 % (7,5 % PFL + 17,2 % PS).
- 👉 1 400 € × 24,7 % ≈ 346 € d’impôt
Étape – Montant net reçu
- Retrait total : 6 000 €
- Moins impôt : 6 000 € – 346 € ≈ 5 654 € nets
Conclusion ? Grâce à l’abattement de 4 600 €, Sophie ne paie l’impôt que sur 1 400 €, même si elle retire l’intégralité de ses gains. Son retrait net s’élève donc à 5 654 €.
💡 Nos conseils pour optimiser les abattements de votre assurance vie
Pour optimiser vos abattements d’assurance vie, quelques techniques simples peuvent etre appliquer tout au long de la détention de votre contrat :
Le timing est clé : attendez les 8 premières années de votre contrat avant de procéder à des rachats importants : les gains sont alors fiscalement plus avantageux. Vous pouvez ouvrir un contrat dès maintenant, mais commencer à y verser progressivement pour que les premiers rachats puissent profiter pleinement de la fiscalité favorable après 8 ans.
Optimiser les rachats partiels : programmez des rachats annuels, en veillant à ne pas dépasser le plafond d’abattement : 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple. Cela permet de disposer de liquidités sans payer d’impôt sur les gains.
➕ Synchronisez vos retraits avec le calendrier fiscal : un retrait en décembre suivi d’un autre en janvier de l’année suivante permet d’utiliser deux fois l’abattement sur une période rapprochée.
Stratégie pour les plus de 70 ans : Peut être judicieux d’ouvrir un nouveau contrat d’assurance vie, d’y verser moins de 30 500 € et de désigner un seul bénéficiaire. À votre décès, ce bénéficiaire bénéficie entièrement de l’abattement et n’est pas soumis aux droits de succession, sans que l’abattement soit dilué entre plusieurs bénéficiaires.
⚠️ À noter : L’abattement de 30 500 € est global, pour l’ensemble de vos contrats et tous vos bénéficiaires. Planifiez donc vos versements pour éviter de dépasser ce plafond et optimiser la transmission de votre capital.
Mettre à jour sa clause bénéficiaire : Votre contrat évolue avec votre vie et votre famille. Il est donc essentiel de mettre régulièrement à jour la clause bénéficiaire, notamment dans les familles recomposées ou en cas de changement de situation personnelle.
💭 FAQ : Assurance vie abattement
✖️ Peut-on cumuler les abattements lorsqu’on possède plusieurs assurances-vie ?
❌ Non, les abattements fiscaux de l’assurance vie ne se cumulent pas par contrat, mais s’appliquent tous contrats confondus.
- En cas de rachat après 8 ans, l’abattement annuel est de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple), quel que soit le nombre de contrats.
- En cas de transmission au décès, chaque bénéficiaire bénéficie d’un abattement unique de 152 500 €, même s’il reçoit des capitaux provenant de plusieurs contrats.
- Les versements effectués après 70 ans profitent d’un abattement global de 30 500 €, tous contrats et bénéficiaires confondus.
💡 Conseil pratique : Anticipez vos rachats et vos versements. Mieux vaut anticiper ses versements et ses rachats que multiplier les contrats : une gestion fine du calendrier suffit souvent à optimiser la fiscalité de l’assurance vie.
🖊️ Doit-on déclarer les abattements d’assurance vie ?
Tant que vous ne faites aucun retrait, vous n’avez pas à déclarer votre assurance vie. C’est l’assureur qui se charge de toutes les formalités fiscales. En revanche, en cas de retrait (rachat partiel ou total), les gains générés (intérêts et plus‑values) deviennent imposables et doivent être reportés sur votre déclaration de revenus.
Concrètement, les gains d’un rachat doivent être déclarés l’année suivant le retrait. Par exemple, un rachat effectué en 2025 sera déclaré en 2026. Pour vous aider, votre assureur vous remet un Imprimé Fiscal Unique (IFU) récapitulant toutes les informations transmises à l’administration fiscale.
Pour ce qui est de l’abattement en cas de succession, la déclaration doit respecter les délais suivants :
- 6 mois après le décès pour les résidents en France métropolitaine ;
- 1 an pour les résidents des départements d’outre-mer ;
- 2 ans pour les résidents à l’étranger.
❓ Quels sont les cas d’exonération d’abattement sur l’assurance vie ?
Dans le cadre de la Loi TEPA (Travail, Emploi et Pouvoir d’Achat), deux types de bénéficiaires disposent d’une exonération totale sur la fiscalité sur l’assurance vie en cas de décès de l’assuré :
- Le conjoint survivant marié ou pacsé ;
- Les frères et sœurs du défunt, sous conditions :
- avoir été domiciliés avec le défunt durant les 5 années précédant son décès ;
- être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps ;
- avoir plus de 50 ans ou être atteint d'une incapacité physique les empêchant de travailler.