Banques en ligne : la tendance se confirme
C’est incontestable, les banques en ligne séduisent de plus en plus dans l’hexagone, et ce au détriment des agences traditionnelles. C’est précisément ceci que montre la dernière enquête co-réalisée par le CREDOC et Monabanq (établissement bancaire virtuel filiale du crédit mutuel CIC).
C’est à présent un fait avéré : ouvrir un compte bancaire en ligne coûte bien moins cher que dans une agence traditionnelle
Selon eux en effet, plus de 10% des clients ont choisi d’opter pour une banque en ligne comme établissement principal et le triple se déclare mûr pour suivre le mouvement. Alain Colin qui officie comme directeur général de Monabanq, ne semble en rien surpris par ces résultats et ajoute même que ces chiffres ne sauraient qu’augmenter dans les temps à venir même s’il existe toujours un écart entre les intentions et les actes des sondés qui, pour l’heure, détiennent toujours des comptes dans des banques classiques pour plus de 90% d’entre eux.
Des statistiques que confirme d’ailleurs M.Grisoni (directeur de Boursorama, une filiale de la société générale comptant près de 350 000 usagers pour moitié moins de comptes et qui a su attirer à elle 65 000 nouveaux clients l’an passé) en arguant du fait que ses clients ne mettent généralement pas plus d’un an pour faire de sa société leur principale agence. Quant à ING direct (qui appartient au groupe ING), la société se targue de gérer quelques 800 000 clients mais ne souhaite pas pour sa part dévoiler le nombre de comptes dont elle dispose.
Pour monabanq., les chiffres communiqués font état de 270 000 usagers dont 20 000 nouveaux rien que pour 2010 alors que Fortuneo, quant à elle, avance le chiffre de plus 200 000 comptes. Si d’autres banques en ligne existent sur le marché, telles Bfor Bank (qui s’occupe de l’épargne) ou encore les produits directement proposés par les compagnies d’assurance telles AXA ou Alliance Banque, on peut aujourd’hui évaluer à 2 millions le nombre de nos compatriotes qui ont opté pour ces établissements en ligne, soit 2% du marché du secteur bancaire.
Pour ce qui est du portrait robot de l’usager de ces nouvelles banques virtuelles, l’étude menée atteste qu’il est moins âgé mais davantage citadin et détenteur de diplômes que la moyenne française. Par ailleurs, il est également plus fortuné car près de 8 utilisateurs sur 10 déclarent un salaire mensuel supérieur à 1860 euros nets quand un peu plus de la moitié de nos compatriotes avouent des traitements inférieurs.
Ajoutons également que l’usager-type de ces nouvelles banques en ligne est titulaire d’un nombre plus important de produits bancaires que les autres.
Ce qui a joué en faveur de ces établissements bancaires, argumente encore M. Grisoni, c’est tout autant les offres de bienvenue rivalisant d’arguments pour attirer à elles de nouveaux prospects que la facilité d’utilisation (notamment via les nouvelles technologies) et la souplesse (je gère mes opérations quand bon me semble sans dépendre de personne ni me rendre en agence et je peux avoir un conseiller en ligne le samedi si je le désire) qu’ils proposent.
Mais également la diversité croissante des gammes de services présentées qui, on peut aujourd’hui l’affirmer, n’ont plus à rougir de la comparaison avec les agences traditionnelles (notamment pour tout ce qui touche aux crédits, qu’ils soient immobiliers ou à la consommation).
C’est à présent un fait avéré : ouvrir un compte bancaire en ligne coûte bien moins cher que dans une agence traditionnelle. Et c’est précisément là-dessus que les établissements virtuels grignotent chaque année de nouveaux clients. Comme il n’existe plus de lieu physique, tous les coûts de fonctionnement (loyer, traitement des employés, charges…) sont amoindris ce qui permet, de facto, d’offrir aux nouveaux usagers des propositions tarifaires 50% moins chères que dans les agences classiques.
C’est ici que réside bien entendu le nerf de la guerre. Si tout ceci semble donc très attractif, Sandrine Perrois (en charge des banques à l’association d’usagers CLCV) tient tout de même à ajouter un bémol en indiquant qu’il convient de bien étudier les différentes offres avant de franchir le pas (elle explique notamment que pour simplement détenir une carte de paiement il faut parfois gagner plus qu’à l’ordinaire).
Face à l’essor de ces nouvelles solutions bancaires et pour lutter contre les nombreux avantages qu’elles présentent, les établissements traditionnels n’ont pas tardé à réagir en créant à leur tour leurs banques virtuelles (on peut ici citer Agence Directe (groupe SG), Net Agence (BNP Paribas) ou encore Mon banquier en ligne (Caisse d’épargne)). Cela dit, les offres présentées ne sont, pour l’heure, pas encore en mesure de concurrencer véritablement les nouvelles agences virtuelles.
Si le point fort des agences classiques demeure le suivi personnalisé de la clientèle (je peux discuter avec mon conseiller quand bon me semble) l’atout des banques virtuelles, comme on l’a vu précédemment, réside notamment, dans la simplicité d’utilisation et la grande liberté de mouvement qu’elles présentent. Pour autant, le Directeur de Monabanq est bien conscient que franchir le pas pour sauter dans un monde entièrement virtuel peut développer une certaine appréhension du client qui, par définition, n’aura plus le sentiment d’être suivi de près par son habituel conseiller.
Voilà pourquoi il souhaite aujourd’hui conserver le plus possible de lien avec ses usagers pour que ceux-ci n’aient pas l’impression angoissante d’être livrés à eux-mêmes, seuls face aux nouvelles technologies qui, si elles s’avèrent efficientes, ne sauraient compenser entièrement le manque de relation humaine.
A l’inverse, Boursorama parie sur l’indépendance et la bonne maîtrise de ses outils pour offrir à ses clients toujours plus de nouveaux services attractifs. Une chose est certaine, détenir ses comptes en ligne c’est aujourd’hui passer outre toutes les lourdeurs inhérentes aux agences traditionnelles mais c’est aussi pouvoir jouir immédiatement d’une réelle diversité de services et de gammes très attractives sans avoir à négocier quoique ce soit avec son conseiller.
En conclusion, si la banque en ligne représente encore une solution minoritaire dans notre pays, tout porte à croire que nos concitoyens seront de plus en plus nombreux à profiter de ses services prochainement.
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