Les conditions de Bâle III contestées par BNP Paribas
L’administrateur directeur général de la banque française BNP Paribas, Baudouin Prot, a pris la parole pour exprimer son opposition aux exigences de niveau de capital fixé par les futures règles dites de "Bâle III" appliquées au secteur bancaire qu’il juge "fondamentalement injustifiées".
Vives critiques sur le niveau de capital de Bâle 3
Lors de la présentation des résultats financiers du groupe BNP Paribas, Baudouin Prot a déploré les prochaines conditions qui seront imposées au secteur bancaire de la zone euro. « Nous continuons chez BNP Paribas à être convaincus que des exigences aussi élevées de capital pour les banques de grande taille sont fondamentalement injustifiées ».
Avec un bénéfice net en hausse de 1,1% au deuxième trimestre, chiffré à 2,12 milliards d'euros, la provision du groupe au nom de sa contribution au plan de sauvetage de la Grèce s’élève 534 millions d'euros. Le directeur de BNP Paribas avance que « La crise a montré que la diversification d'un groupe comme BNP Paribas a été, trimestre après trimestre, un facteur qui a soutenu nos résultats ».
Bien sûr, si l’augmentation du ratio de fonds propres est maintenue, la banque obtempérera et augmentera sans peine son capital, elle en a les moyens « …nous porterons notre capital au niveau requis sans difficulté et sans lever aucun fonds propre sur le marché,… mais nous continuerons à exprimer nos opinions » insiste M. Prot. Il considère que ces exigences vont avoir l’effet d’une « pénalisation » de nature à « affecter le financement de l'économie à un moment où les clientèles n'ont pas du tout besoin de ça. »
Les règles prudentielles de Bâle III
Définies en septembre 2010 par le Comité de Bâle, ces règles sont destinées à s’appliquer progressivement dans toutes les grandes économies industrialisées et émergentes du G20 à partir de 2013.
Elles ont pour objet d’imposer aux banques la mise en réserve d’un certain niveau de fonds propres, issus du capital social, d'éventuelles augmentations de capital et des bénéfices dégagés. Ce niveau de fonds propres exigé représentait jusqu’à lors 2% du montant des prêts accordés aux clients. Selon Bâle III, ce taux passe à 7%. Le triplement du montant des fonds propres durs est voulu pour que les banques soient prêtes à absorber d’éventuelles pertes lourdes sans mettre en danger tout le système financier.
Pour ce qui concerne BNP Paribas, le niveau de fonds propres s'élève actuellement à 57,4 milliards d'euros, marquant au deuxième trimestre une augmentation de 900 millions d'euros par rapport au premier trimestre. Son ratio de solvabilité s'établit à 9,6% et dans ces conditions, M. Prot peut affirmer que « La gestion de nos risques est tout à fait rigoureuse …, nous ne voyons absolument pas pourquoi il faudrait que les banques de dimension importante soient surpénalisées en termes de fonds propres. ».
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